Annonce de la chronique
S.C : nous allons accueillir la Présidente de la Fédération Française d’Orthodontie qui va nous expliquer quelles sont les différences entre l’orthodontiste et le chirurgien dentiste. On a l’impression que c’est un petit peu la même chose. Quand on parle des appareils dentaires, on se dit qu’on va chez l’orthodontiste mais comment ça se passe exactement.
Arnaud : le dentiste il fait mal aux dents et l’orthodontiste il fait mal au moral...
S.C : c’est un bon résumé... on va lui poser la question....
Arnaud : à suivre donc « C’est bon à savoir ».
La chronique
Arnaud Balme : Nos années « appareil dentaire », des ados en galère... avec Sophie Scarpula.
S.C : Parlons d’orthodontie ce matin, Arnaud en effet. On va faire le point donc sur ce métier, sur les soins qui les différencient de ceux donnés par les dentistes et nous en parlerons avec le Dr Gisèle Delaye - Thépaut, orthodontiste et présidente de la Fédération Française d’Orthodontie. Bonjour Docteur.
Dr Delhaye - Thépaut : Bonjour madame.
S.C : merci d’avoir accepté ces quelques minutes d’entretien. Alors mieux que quiconque, vous allez pouvoir nous expliquer les grandes différences. On sait que lorsque l’on souffre de quelques caries on va voir le dentiste, cela nous semble évident, maintenant le rôle de l’orthodontiste n’est pas bien clair dans nos esprit à part la « période appareil dentaire » alors à quoi sert et quelle est la fonction de l’orthodontiste ?
Dr Delhaye - Thépaut : alors, il y a plusieurs questions dans votre question. Qu’estce différencie l’omnipraticien de l’orthodontiste ? Alors l’omnipraticien fait maintenant 6 années d’études pour apprendre à soigner les dents, il a une cinquantaine d’heures de cours pour survoler les malformations, les manques de place, les problèmes qui sont liés aux désordres entre les deux mâchoires et puis c’est tout. L’orthodontiste, une fois qu’il a terminé ses 6 années d’études pour être dentiste prépare un concours où il y a 10 % de reçus puis fait 4 années d’études pour apprendre à traiter ce que l’on appelle les dysmorphoses, c’est à dire les désordres qui existent entre les mâchoires.
S.C : j’ai lu d’ailleurs qu’on appelait l’orthodontie « l’orthopédie dento-faciale », j’ai trouvé cela très étrange...
Dr Delhaye - Thépaut : oui, en fait, tout ce qui appelé « orthopédie » a pour objet de soigner les dysfonctionnements. Un fonctionnement c’est bouger le bras, ouvrir la bouge, respirer... ce sont nos fonctionnements qui nous permettent de vivre. L’orthodontie s’occupe à la fois d’aligner les dents, c’est de l’orthodontie « ortho », droit, « dontie », dent, et l’orthopédie dento-faciale va s’occuper à la fois d’aligner les dents, il y a toujours le mot « ortho », droit, et va aussi s’occuper de réguler, rétablir des fonctionnements harmonieux. C’est pour cela qu’on dit « orthopédie » car on va aussi s’occuper des fonctionnements.
S.C : alors, y’a t-il de la prévention à faire ? Par exemple, je pense aux bébés, on entend souvent dire que si le bébé prend son pouce, si le bébé prend une tétine, cela va déformer son palais et donc ses dents. Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que c’est faux ? Est-ce que dès cet âge là on peut commencer à avoir une influence sur ces dents futures ?
Dr Delhaye - Thépaut : le pouce, le bébé le suce même à l’intérieur du ventre de sa mère. Donc il n’y pas lieu de s’intéresser au pouce du bébé qu’il met déjà spontanément. On peut, pas d’autres moyens que l’on aura le temps d’expliquer plus tard, éviter la mise du pouce dans la bouche. Par contre, les tétines, au secours !! Retirons les tétines des bouches des enfants !
S.C : cela est source de déformation ?
Dr Delhaye - Thépaut : oui. Un bébé, et je vais peut-être choquer un certain nombre de mamans, lorsqu’on lui met une tétine, c’est lui dire « laisse moi tranquille » car on lui met la tétine au moment où l’enfant pleure et il se met à téter, pendant ce temps là il s’occupe. De la même manière que nous, quand on embête quelqu’un, on va nous donner quelque chose à faire pour nous permettre de ne pas continuer à embêter quelqu’un. Donc la tétine est déformatrice. C’est clair. Le pouce l’est aussi mais un enfant qui le met spontanément peut-être en a-t-il besoin pour d’autres raisons, c’est difficile de rentrer dans les détails dans une interview aussi courte mais cela pourra être l’objet d’une autre conversation. Mais c’est vrai qu’à partir de 3 ans, même avant, il faut commencer à s’inquiéter sérieusement d’un pouce qui reste dans le bouche.
S.C : alors dernière question très rapidement Docteur, Arnaud le disait tout à l’heure, c’était un peu un traumatisme à l’adolescence pour ceux qui ont dû porter un appareil...
Arnaud Balme une génération de complexés et de timides vous voulez dire...
S.C : quelles sont les matières qui existent aujourd’hui, est-ce qu’elles sont plus discrètes pour éviter le traumatisme ?
Dr Delhaye - Thépaut : oui, bien sûr. Nous avons maintenant à notre disposition des attaches transparentes qui permettent maintenant une vision beaucoup plus atténuée de l’appareil qui apparaît dans la bouche des patients. Concernant les adolescents, c’est vraiment tout ce que l’on peut proposer comme moyen le moins visible possible.
S.C : d’accord.
Dr Delhaye - Thépaut : chez les adultes, il y a d’autres types d’appareil qui peuvent être utilisés à l’intérieur des dents, cela peut faire l’objet d’une autre interview mais pour le moment c’est vrai que pour les adolescents, on a la possibilité de mettre des brackets qui se voient peu avec des fils qui sont blancs aussi.
S.C : et bien c’est une bonne nouvelle. Je vous remercie beaucoup encore une fois docteur d’avoir accepté ses quelques minutes d’interview, j’espère que nous aurons l’occasion d’en reparler.
Dr Delhaye - Thépaut : merci. C’est vrai qu’il y a beaucoup de choses à dire sur l’orthodontie qui n’est pas très bien perçue et à fortes raisons, je pense que les explications sont insuffisantes.
S.C : et bien nous en reparlerons. Merci encore. A bientôt. Au revoir.
Dr Delhaye - Thépaut : je vous en prie. A bientôt. Au revoir Madame.



