Accueil > Info Grand Public > Impact de l’alimentation sur les mâchoires

Impact de l’alimentation sur les mâchoires

10 mai 2007



Quels sont les enfants qui n’ont pas eu une bouche qui ressemble à une véritable « centrale électrique ». Rares sont ceux qui échappent à la pose de bagues ou d’appareils dentaires afin de leur redonner un sourire digne de ce nom. Phénomène de mode ou réalité, les mâchoires de nos chères têtes blondes et brunes n’auraient-elles plus la place d’accueillir toutes leurs dents ? Et si notre alimentation jouait un rôle sur le développement de cette mâchoire ?


La mâchoire de l’Homme moderne plus petite que celle de Cro-Magnon

L’homme de Cro-Magnon possédait une bouche suffisamment grande et développée. Est-ce de manger à pleines mains et de déchiqueter à pleines dents une nourriture crue ou très peu cuite qui renforçait sa mâchoire et ses dents ? Impossible de le prouver.

Et pourtant, on a constaté que les problèmes de manque de place pour les dents dans la mâchoire, de décalage, de mauvais alignement des dents ou encore de caries étaient des problèmes spécifiques à l’homme moderne dont les mâchoires se rétrécissent au fil des siècles. Certaines populations ayant conservé des conduites alimentaires plus anciennes, utilisant des nourritures plus simples et surtout moins cuites, ont encore des mâchoires capables d’accueillir sans problème toutes leurs dents. Couteaux et fourchettes apparaissent au XVIIe siècle, l’art de la cuisine s’affirme, mais le rôle premier des mâchoires se réduit.

Aujourd’hui, nous nous sommes habitués, dès l’enfance, à consommer des aliments très cuits, souvent hachés et mixés, mous et onctueux. C’est dans les premières années de la vie que les mâchoires se forment en s’étirant et en se modelant suivant ce que nous leur donnons à mastiquer. Les conduites alimentaires jouent sans doute un rôle essentiel dans la prévention bucco-dentaire. Pour essayer d’améliorer la situation, il faut absolument faire plus d’efforts musculaires en favorisant les modes d’alimentation les plus stimulants pour la croissance des mâchoires.

Pour une bonne mâchoire, offrons le sein à bébé !

La mâchoire du nouveau-né subit de nombreuses modifications au cours de sa croissance. Elle va s’adapter dans les trois sens de l’espace en s’allongeant et en s’élargissant. C’est essentiellement la nutrition qui, en demandant un travail musculaire intense, influence la croissance de l’os au niveau du bas du visage. Mais, la déglutition, la respiration, les mimiques, puis la parole jouent également un rôle non négligeable.

Le nourrisson possède une toute petite mâchoire du bas et c’est dans la première année de vie que sa croissance générale est la plus rapide ; les progrès peuvent alors se mesurer chaque semaine. Lors de la tétée au sein, le bébé jette sa mâchoire en avant et fait un très gros effort pour extraire le lait, c’est à ce moment-là que la stimulation est la plus grande et la plus importante. La fermeté du sein, la succion active et la position plus verticale de la tête participent au développement de la mâchoire inférieure du nourrisson contrairement à la tétine en caoutchouc. Il n’est pas rare d’ailleurs de voir les bébés s’endormir sur le sein de leur mère encore plus facilement que sur leur biberon. On peut penser qu’ils sont repus, mais ils sont fatigués par l’effort qu’ils ont fait d’avoir tétés en tirant ainsi sur cette fameuse mâchoire. C’est pourquoi l’alimentation au sein est une nouvelle fois recommandée, lorsque cela est possible, pour donner toutes les chances au futur enfant d’avoir une mâchoire de bonne taille. Dès trois mois, il faut passer aux bouillies qui doivent s’épaissir petit à petit.

Entre 12 et 18 mois : mettre à profit ses premières molaires

Dès que l’enfant a ses premières dents, incisives puis molaires de lait, il faut lui donner des aliments lui permettant de les utiliser et de continuer ce travail au niveau de la bouche toute entière. C’est donc entre 12 et 18 mois qu’il faut mettre à profit les molaires du jeune enfant en lui donnant des repas qu’il doit mâcher en prenant conscience de cette mastication. Le lait, petit à petit, va laisser place à des purées faites maison et écrasées à la fourchette, avec de la viande ou du jambon coupé en petits morceaux et une compote de pommes avec morceaux ou bien un fruit coupé en toutes petites portions.

Entre trois et six ans, toutes les dents de lait sont à leur place, permettant alors à l’enfant de mastiquer comme un adulte. Il n’y a donc aucune raison de lui proposer systématiquement des plats différents. Les industriels de l’alimentation facilitent la vie moderne en proposant des plats préparés qu’il suffit de glisser dans le four ou dans le micro-ondes en rentrant du bureau. S’il n’est pas interdit, bien sûr, de profiter de ces avantages, il ne faut pas en abuser.

Une alimentation fondante avec un côté moelleux est associée à des notions de plaisir, mais elle ne favorise en rien la stimulation de la croissance des mâchoires chez les enfants. Il ne faut pas hésiter à donner aux enfants des légumes cuits « al dente », des rôtis plutôt que l’éternel steak haché frites qui sera réservé à certaines occasions et des fruits à croquer. A la sortie de la classe, à l’heure du goûter, il s’agit également de retrouver le plaisir de donner de la baguette bien fraîche avec une barre de chocolat plutôt qu’un chausson aux pommes, un croissant, un pain au chocolat ou des viennoiseries molles.

De simples et bonnes conduites alimentaires améliorent la situation dentaire. C’est le chemin le plus efficace de la prévention des malocclusions et de l’encombrement dentaire. Elles peuvent éventuellement limiter le nombre d’extractions avant de poser un appareil. Avec l’apprentissage des protocoles de l’hygiène dentaire, elles sont à la base de toute politique de prévention.

A retenir :

Il est conseillé de :
  • Donner le sein, lorsque cela est possible. Le phénomène de succion plus difficile et la fermeté du sein participent au développement de la mâchoire inférieure du nourrisson, contrairement à la tétine en caoutchouc. Or, une mâchoire bien développée accueille plus facilement les 32 dents qui pousseront ultérieurement.
  • Privilégier, par la suite, les bouillies épaisses,
  • Apprendre à l’enfant, peu à peu, à mâcher, dès l’apparition des molaires de lait entre 12 et 18 mois, avec des aliments plus résistants, comme des purées écrasées à la fourchette, de la viande découpée au couteau et pas trop cuite, des fruits coupées en petits morceaux.
  • Donner à l’enfant des aliments solides, dès l’âge de 3 ans. C’est ainsi que l’on donne aux bouches des enfants toutes les chances d’avoir une mâchoire capable d’accueillir toutes les dents.
Edith LEJOYEUX

Présidente de la S.B.R.

Envoyer cette page par courriel title= Recommander cette page

Aide - Plan du site - Espace Presse - Mentions Légales - Contact