1. Qu’est-ce que l’orthodontie ?
Tirée du grec « ortho » droit et « odontos » dent, l’orthodontie vise à la prévention, à la correction des malpositions dentaires et à l’établissement d’un contact inter dentaire optimal. Elle s’applique aussi bien à rétablir l’esthétique de la face par le biais des maxillaires (appelées couramment « mâchoires ») qu’à corriger les fonctions comme la respiration, la mastication et l’élocution. Afin de permettre à la bouche de mener à bien ses différentes missions, l’orthodontiste va plus loin que l’alignement et prend en compte d’autres aspects :
- la santé dans sa globalité : respiration, allergies, maladies génétiques,
- le parodonte : les dents tiennent dans l’os par le biais de ligaments et sont recouvertes par les gencives,
- l’occlusion : les maxillaires (mâchoires), actionnés par de nombreux muscles, doivent être emboîtés de façon à ce que les dents soient correctement positionnées.
L’orthodontie s’inscrit donc dans une prise en charge globale car elle doit prendre en compte des facteurs fonctionnels et esthétiques. Le praticien, afin de redonner le sourire à son patient, va ainsi établir un diagnostic précis fondé sur une étude approfondie et personnalisée.
2. Qui est concerné ?
Chez les enfants, on considère qu’il y a 3 âges de l’orthodontie.
- de 6 à 8 ans : les traitements de prévention.
Des praticiens font à cet âge de l’orthopédie, lorsque les dents de lait sont encore présentes, dans l’objectif de corriger les mauvaises habitudes : sources de déséquilibre perturbant la croissance des maxillaires et d’anomalies des bases osseuses. Il est possible, dans certains cas, d’intervenir sur la partie osseuse d’un enfant de cet âge – car malléable – de corriger certaines déformations (lorsque les dents de la mâchoire inférieure sont positionnées en avant des dents du haut : c’est la « prognathie »). - entre 8 et 11 ans : les traitements d’interception.
Lorsque les dents de lait cohabitent avec les dents définitives, on parle de denture « mixte ». A cette période, un traitement orthopédique utilisant la croissance et visant à corriger certaines malformations peut être entrepris. - entre 11 et 17 ans : les traitements en denture permanente.
A cet âge, on parle de phase en denture permanente jeune. Ce traitement comporte le plus souvent des bagues ou des attaches reliées à des fils réglés avec une extrême précision et repositionnés régulièrement. Parfois, certaines dents sont retirées afin de permettre un alignement stable.
La période de « contention », en fin du traitement, consiste à maintenir le résultat obtenu pendant que les tissus de la dent se consolident dans la nouvelle position. Le suivi de l’évolution des dents de sagesse est aussi nécessaire afin d’éviter un encombrement en fin de croissance. Mais l’extraction des dents de sagesse n’est pas systématique et nécessite un diagnostic personnalisé.
Un traitement fonctionnel (qui agit sur la position de la langue, la respiration…) peut également être entrepris et aura un effet bénéfique sur la croissance des maxillaires.
Adultes et orthodontie…
Les traitements effectués chez les adultes sont réalisés soit pour des raisons esthétiques,
soit pour permettre la réalisation d’un bridge ou d’un implant dans de meilleures conditions,
soit pour réaligner des dents qui se sont déplacées ou qui sont mobiles car les gencives sont
malades.
Ces traitements ne sont pas pris en charge par les caisses d’assurance maladie. Certains
traitements peuvent être discrets car ils utilisent l’intérieur de la bouche (les faces internes
des dents). Les traitements pour adultes, compte-tenu du fait que la croissance est terminée,
nécessitent souvent plus de temps et des interventions plus lourdes. Il est donc préférable
de commencer les traitements le plus tôt possible.
3. Qui la pratique ?
- Les spécialistes qualifiés en Orthopédie Dento-Faciale ou « orthodontistes », sont d’abord chirurgiens-dentistes et choisissent, après 6 années d’études en chirurgie dentaire, d’approfondir leurs connaissances dans un domaine très précis : l’orthopédie dento-faciale (4 années d’études supplémentaires). Par principe, le spécialiste en orthopédie-dentofaciale, malgré des connaissances larges, s’engage à n’exercer que dans le cadre de cette spécialité (à titre de comparaison, un cardiologue ne soigne pas les grippes ou ne pratique pas d’accouchements).
- Les médecins stomatologistes compétents en ODMF (Orthopédie-dento-maxillo-faciale). Ces médecins stomatologistes, tout comme leurs confrères dentistes, ont suivi une formation de 6 ans en médecine. Puis, ils se sont spécialisés en stomatologie (4 années d’études). Ensuite, ils ont acquis une autre spécialité en orthopédie-dento-faciale (2 années d’études supplémentaires).
- Les dentistes, ou chirurgiens-dentistes, ont reçu, dans le cadre de leurs études, des cours d’orthodontie incluant des heures de présence en service d’orthodontie où ils ont pratiqué des traitements de base et ont assisté à la mise en place de traitements plus complexes. Le dentiste, face à un diagnostic requérant un traitement en orthodontie, peut, en fonction de son expérience, soit assurer cette prise en charge soit proposer au patient de s’adresser à un spécialiste.
- Les médecins stomatologistes sont spécialisés dans les maladies de la bouche (dents de sagesse, intervention sur les maxillaires, etc.) mais peuvent également, comme les chirurgiens dentistes, pratiquer les soins dentaires et l’orthodontie notamment.



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