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L’apnée du sommeil de l’adulte, rôle de l’orthodontiste et actualité dans la prise en charge

25/11/2014 - Adultes

Dr Jean-Baptiste Kerbrat, Orthodoniste et membre de la FFO

 
Pathologie fréquente, sous-diagnostiquée et pouvant avoir des répercussions graves sur la santé et la vie des patients qui en souffrent, l’apnée du sommeil nécessite une surveillance et dans bien des cas une prise en charge médicale par une équipe pluridisciplinaire spécialisée. Dans ce parcours de soin, l’orthodontiste a un rôle important à jouer aussi bien dans le cadre du dépistage que du traitement. Si son expertise de la sphère maxillo-faciale favorise, par le repérage de caractéristiques fonctionnelles fréquemment impliquées dans les apnées du sommeil, l’orientation précoce des patients vers les structures spécialisées dans le diagnostic, il a aussi un rôle actif dans le traitement. En effet, l’orthodontiste conçoit et pose des dispositifs médicaux conçus pour la prise en charge de l’apnée du sommeil, qu’il adapte à chaque patient. Intégré aux équipes pluridisciplinaires qui traitent l’apnée du sommeil, il concourt à une prise en charge pro-active, efficace et optimisée de la pathologie.
 

Une pathologie fréquente et sous-estimée 

 
L’apnée du sommeil, appelée aussi  syndrome des apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), se caractérise par la survenue d'obstructions fréquentes, complètes ou partielles des conduits respiratoires de l'arrière-gorge, durant le sommeil. Ces obstructions sont responsables d'interruptions (apnées) ou de réductions (hypopnées) de la respiration. Elles entraînent des pauses de respiration pouvant durer de 10 à 30 secondes, voire plus, et peuvent se répéter une centaine de fois par nuit . 
 
Le syndrome d’apnée du sommeil est une pathologie fréquente mais l’estimation de sa prévalence est complexe : elle varie en fonction du degré de gravité (légère, modérée, sévère) mesuré par l’index d’apnée-hypopnée qui quantifie le nombre d’apnées par heure et détermine la nécessité d’une prise en charge ou la mise en place d’une surveillance . Bien que touchant principalement les sujets d’âge moyen entre 40 et 70 ans, elle se présente aussi chez des sujets plus jeunes et chez les enfants. En France, environ 600 000 personnes sont traitées pour un syndrome d’apnée du sommeil et l’on estime qu’il concerne, chez les sujets de plus de 50 ans dans la population générale, environ 4% des hommes et 2% des femmes1.
 
 

Des symptômes identifiés mais une pathologie encore sous-diagnostiquée 

 
« Les trois quarts des patients touchés par l’apnée du sommeil l’ignorent », précise le Docteur Jean-Baptiste Kerbrat, membre de la Fédération Française d'orthodontie (FFO), « l’apnée du sommeil peut être asymptomatique et le sujet concerné ignorer qu’il en souffre ; l’observation du conjoint qui constate les interruptions respiratoires est dans ce cas déterminante. Mais dans la majorité des cas, l’apnée du sommeil se manifeste par un faisceau de symptômes  : durant la phase de sommeil, le sujet présente des micro-éveils répétés provoqués par le cerveau en manque d’oxygène et des reprises de respiration bruyantes, associés ou non à des épisodes d’étouffement, de respiration haletante ou de ronflements et à des troubles du rythme cardiaque. Des symptômes qui varient en intensité et peuvent être provoqués par nombre d’autres pathologies mieux connues… Si bien qu’ils ne sont associés à une suspicion d’apnée du sommeil qu’assez tardivement par les médecins.» 
 
L’observation de ces symptômes peut justifier l’orientation du patient vers une structure spécialisée dans le diagnostic des troubles du sommeil qui évaluera techniquement la suspicion d’apnée du sommeil et définira, le cas échéant, la prise en charge. 
 
 

Conséquences de l’apnée du sommeil : entre altération de la qualité de vie, accidents et comorbidités… 

 
Les conséquences sur la vie des patients varient selon le degré d’atteinte et interviennent à plus ou moins long terme : modérée, l’apnée a un impact sur la capacité du sujet à mener à bien ses activités quotidiennes en raison d’un état de fatigue parfois intense et de difficultés de concentration, conséquence de ses micro-éveils nocturnes. Mais l’apnée du sommeil peut aussi être à l’origine d’accidents graves en raison des l’état de somnolence et d’endormissements diurnes lorsque les micro-éveils nocturnes atteignent des seuils de fréquence critiques qui peuvent aller au-delà de 30 par heure. Ainsi, le taux d'accidents de voiture est-il sept fois plus élevé chez les personnes présentant une apnée du sommeil que chez les autres tandis que l'hypersomnolence est responsable de 10 % des accidents de la route .
 
À la longue, l'apnée du sommeil peut entraîner une augmentation du risque d’hypertension artérielle, d'insuffisance coronaire avec un risque d'infarctus et d'accidents vasculaires cérébraux.
 
 

L’orthodontiste : un allié de choix dans le dépistage et le traitement de l'apnée du sommeil

 
Parce qu’il est un spécialiste de la cavité buccale et de la mâchoire, l’orthodontiste tient une place importante dans la prise en charge de l’apnée du sommeil comme l’explique le Docteur Jean-Baptiste Kerbrat, membre de la Fédération Française d'orthodontie (FFO) : «  Nous sommes consultés par des patients qui présentent des problèmes relatifs à leur mâchoire. Or, la mâchoire tient un rôle important dans la survenue d’apnées du sommeil : si elle est étroite, petite, en arrière et/ou que l’on constate une respiration buccale, il est tout indiqué d’interroger le patient sur des potentiels signes pathologiques du sommeil et de l’orienter, le cas échéant, vers une structure spécialisée qui pourra poser le diagnostic. Ce sont des signes qui ne sont pas identifiés facilement par d’autres praticiens. »  
Une fois le diagnostic posé, les médecins du sommeil disposent de plusieurs armes thérapeutiques et notamment des orthèses d’avancée mandibulaire qui sont préconisées en première intention dans le traitement des apnées du sommeil légères à modérées. Ce dispositif peut être, dans certains cas, combinés à la chirurgie maxilo-mandibulaire.
 

L’étude ORCADE : l’efficacité des orthèses d’avancée mandibulaire clairement démontrée 

 
L’étude ORCADE est une étude française, prospective, multicentrique évaluant les effets bénéfiques d’une orthèses mandibulaires (MRD) faite sur mesure, pendant 5 ans, chez plus de 300 patients apnéiques. Ces patients ont refusé ou n’ont pas toléré le traitement de première intention : la ventilation nocturne en pression positive continue (PPC), dispositif très efficace sur le plan fonctionnel mais dont les contraintes altèrent significativement l’observance. Les résultats intermédiaires permettent d’affirmer une bonne efficacité du dispositif, liée sans doute en partie à une augmentation de l’observance comme l’explique le Docteur Jean-Baptiste Kerbrat : 
« Les résultats dont nous disposons permettent d’établir à 83% l’efficacité des orthèses mandibulaires dans le cadre d’apnées du sommeil légères à modérées. Plus surprenant et sans doute très intéressant pour l’avenir de la prise en charge : alors que les orthèses ne sont pas indiquées en première intention pour leur traitement, l’étude met en évidence une efficacité de 60% sur les apnées sévères. Cela démontre que l’usage de ce dispositif que les orthodontistes conçoivent et mettent en place permet un traitement efficace tout en ménageant la qualité de vie du patient : pesant moins de 10g, se situant uniquement dans la cavité buccale en contact avec la mâchoire, c’est un appareillage léger et discret comparé à ce qui existe par ailleurs. La gêne est limitée, les effets secondaires ne concernent que le possible déplacement modéré de certaines dents et cela a un impact direct sur l’observance. »
 

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