Votre lettre d'informations - 22 avril 2020

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22 avril 2020
 
FFO COVID-19 : Votre lettre d'informations - n°3

Chères amies, chers amis,

Depuis l’annonce du président du conseil de l'Ordre, Serge Fournier (en annexe de fin), nous pouvons envisager la fin du confinement.

Les recommandations mises à jour et les précautions additionnelles réalisées dans les meilleurs délais nous permettront avec la levée de l'interdiction d’exercice de reprendre dans les meilleures conditions de sécurité sanitaire.

Les précautions additionnelles évolueront grâce à la veille scientifique mise en place par la FFO.
Vous en serez informé(e)s dans la lettre et sur le site de la FFO.

Bonne lecture à toutes et tous et merci pour vos nombreux retours positifs,
 
Le groupe de travail
 

Face à la situation inédite que nous vivons, dans l’obligation du confinement que chacun vit différemment, il est normal de se sentir stressé, déboussolé ou dépassé par les événements. C’est dans ces moments que l’on découvre l’autre bien souvent sous des facettes que l’on ne lui connaissait pas.

« L'homme de qualité reste calme et serein. » Confucius

C’est fort de la pensée de ce même auteur : « Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire et la grande majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. » que nous poursuivrons notre travail d’équipe dans la rédaction de cette lettre.

Ce qui importe le plus c’est demain, ce sont nos conditions de travail à la levée du confinement. Antoine de Saint-Exupéry était précurseur : « Voyez-vous dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions les suivent. »

Je ne saurai passer sous silence la disparition de notre ami Francis Bassigny, à qui, dans le contexte actuel, nous ne pourrons rendre l’hommage qui lui revient.

Alain Béry
 
 

1. Revue validée de la presse scientifique

A scoping review on bio-aerosols in healthcare and the dental environment
Inhalation of aerosols produced during the removal of fixed orthodontic appliances: A comparison of 4 enamel cleanup methods
Charifa Zemouri*, Hans de Soet, Wim Crielaard, Alexa Laheij
Christian J. Day,a Robert Price,b Jonathan R. Sandy,c and Anthony J. Irelandd
PLOS ONE | https: //doi. org/10. 1371/journal.pone.0178007
Copyright © 2008 by the American Association of Orthodontists. doi: 10.1016/j. ajodo.2006.01.049
 
Introduction :
Les aérosols sont des particules solides ou liquides sécrétés dans l’air par les humains, les animaux, les instruments ou les machines. Les personnels de santé sont à haut risque de contamination par des micro-organismes pathologiques par la nature de leur profession. Il n’y a pas de résumé des preuves scientifiques disponibles concernant les bio-aérosols dans les établissements dentaires et les hôpitaux. Les objectifs de leur revue de la littérature :
  1. Quelles sont les sources qui produisent les bio-aérosols ?
  2. Quelles sont la charge microbiologique et la composition des bio-aérosols et comment sont-elles mesurées ?
  3. Quel danger représente un micro-organisme pathogène transmis par les aérosols ?

Matériel et méthode :
C’est une revue de la littérature conduite selon les recommandations PRISMA, 3 séries de recherche ont été conduites dans PubMed et Embase.
Critères d’inclusion : l’article devait comporter des informations sur : la composition du bio-aérosol, la pathogénicité, la conduite des établissements de santé ou dentaires.
Critère d’exclusion : les lettres à l’éditeur, les études sur l’animal, les revues narratives, les études sur le développement de médicaments, de protocoles ou les études narratives.

Résultats
5823 études ont été extraites, dont 678 duplicatas et 4797 études sans rapport avec le sujet de recherche. Après avoir étudié les abstracts et les articles en entier, 62 articles ont finalement été inclus :

1- Production de bioaérosols
Les sources de bioaérosols dans les cliniques dentaires sont : le détartreur, les pièces à main à haute vitesse, les turbines à air, les « seringues à air et eau ».
Les humains produisent des aérosols en toussant et éternuant.

2- Composition des micro-organismes dans un environnement dentaire
17 études ont analysé la composition du microbiote dans les cliniques dentaires. 38 micro-organismes ont été identifiés par culture. Au total, 19 bactéries et 23 champignons ont été détectés. Les bactéries venaient de l’eau, de la peau des humains ou de leur cavité orale. Aucune étude n’a recherché des virus ou des parasites. Plusieurs études ont comparé les charges bactériennes avant et après le traitement : elles augmentent après traitement.

3- Danger des bio-aérosols
Une revue de la littérature a additionné les odds ratio de transmission du SARS chez le personnel de santé pendant des procédures générant des bio aéorosols : intubation (OR : 6,6), VNI (3,3) sont les procédures les plus à risques. Les informations disponibles concernent surtout la légionellose.

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Introduction
Dans la littérature scientifique, il y a 3 études qui ont étudié la formation d’aérosol pendant le polissage de l’émail dentaire après le retrait d’un appareil multi-attache.
L’objectif de cette étude est d’évaluer les aérosols produits lors du polissage avec des pièces à main rapide ou lente et avec une fraise spirale cannelée en carbure de tungstène avec et sans refroidissement par de l’eau. La composition et le diamètre des particules et donc la probabilité que ces particules soient dans les poumons a été déterminée.

Matériel et Méthode
Utilisation de dents extraites, arrangée de façon à simuler les 2 arcades dentaires. Fixation des multi-attaches selon un protocole établi le même quelle que soit la méthode de débaguage.
4 protocoles expérimentaux pour le débaguage :
  • Pièce à main lente avec une fraise spirale cannelée en carbure de tungstène sans eau pour le refroidissement
  • Pièce à main lente avec une fraise spirale cannelée en carbure de tungstène avec de l’eau pour le refroidissement
  • Pièce à main rapide une fraise spirale cannelée en carbure de tungstène sans eau pour le refroidissement
  • Pièce à main rapide une fraise spirale cannelée en carbure de tungstène avec de l’eau pour le refroidissement

4 débaguages avec chaque méthode. L’air est récolté avec un « impactor ». L’impact a 8 niveaux de recueil avec différentes limites pour le diamètre des particules récoltées. Un échantillon de l’air sans débaguage est également récolté.
L’échantillon de l’air récolté est par la suite observé avec un microscope électronique

Résultats/discussion
Dans les 2 groupes avec les pièces à main lente, la majorité des particules étaient dans le niveau 4 de l’impacteur, correspondant aux particules PM4.84. Anatomiquement, ces particules se déposent au niveau de la trachée des premières bronches. Dans le groupe pièce à main rapide sans eau, la concentration des particules était maximale dans le niveau 5 de l’impacteur, c’est-à-dire des microparticules PM2.82. Ce sont les équivalents de particules qui se déposent dans les bronches secondaires. La concentration dans le groupe pièce à main rapide avec de l’eau était maximale dans le niveau 6 de l’impacteur, correspondant à des microparticules PM1.25. C’est probablement le résultat de la combinaison entre micro-particules et gouttelettes d’eau. Il est très probable que ce type de goutelettes se dépose dans les bronchioles terminales.
Cependant, avec l’étude en microscopie électronique, des particules ont été retrouvées dans les niveaux 7 et 8 de l’impacteur, quelle que soit la méthode de débaguage.
L’étude de la composition des microparticules a relevé que les éléments les plus courants étaient : le calcium, le phosphore, le silice et l’aluminium. Il existe un risque à long terme de silicose après l’inhalation chronique de produit de dégradation lors du débaguage.

Conclusion
Un opérateur peut inhaler des particules lors du débaguage quelle que soit la vitesse de la pièce à main ou la présence ou non d’eau.
Ces particules se déposent probablement dans les voies aériennes inférieures et sont éliminées par cils.
Certains particules sont susceptibles de se déposer au niveau des alvéoles et sont éliminées seulement après plusieurs semaines ou mois.
Les particules proviennent de l’émail, des adhésifs du ciment et probablement de la pièce à main.

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Voies de transmission du 2019-nCoV et leurs contrôles en cabinet dentaire
Aérosols et projections en médecine dentaire : une brève revue de la littérature et des implications en matière de lutte contre les infections.
Peng X, Xu X, Li Y, Cheng L, Zhou X, Ren B.
Harrel SK, Molinari J.
Transmission routes of 2019-nCoV and controls in dental practice. Int J Oral Sci. 2020 Mar 3;12(1):9.
Aerosols and splatter in dentistry: a brief review of the literature and infection control implications. J Am Dent Assoc. 2004 Apr;135(4):429-37
Depuis décembre 2019, un nouveau β-coronavirus (2019-nCoV), responsable de pneumonies graves voire létales, a été identifié au sein d’un marché de fruits de mer de la ville de Wuhan, Hubei en Chine. Il s'est rapidement répandu au sein d'autres provinces de Chine et à d'autres pays. Le 2019-nCoV est différent du SARS-CoV, mais pénètre dans les cellules hôtes par l'intermédiaire du même récepteur cellulaire, l'enzyme humaine de conversion de l'angiotensine 2 (ACE2), mais avec une plus grande affinité de liaison.
L'augmentation rapide du nombre de cas et des preuves d’une transmission interhumaine ont suggéré que le virus était plus contagieux que le SARS-CoV et le MERS-CoV.
À la mi-février 2020, un grand nombre d'infections des membres du personnel médical ont été signalées, et les raisons spécifiques de l'échec de leur protection doivent encore faire l'objet d'une enquête plus approfondie.
Les auteurs ont observé qu’en dépit d’une fermeture des cabinets dentaires et de stomatologie pendant l'épidémie, un grand nombre de patients en situation d'urgence se rendent encore dans les cliniques et hôpitaux dentaires pour y être traités. Ils ont résumé les voies de transmission possibles du 2019-nCov en odontostomatologie, telles que la propagation aérienne, la contamination par contact direct ou avec les surfaces contaminées.
Ils ont également analysé et détaillé plusieurs stratégies pratiques pour bloquer la transmission du virus afin de fournir des lignes guides pour la prévention de la transmission du 2019-nCov pendant le diagnostic et les traitement dentaires, dont l'évaluation du patient, l'hygiène des mains, les mesures de protection personnelle pour les professionnels dentaires, la réalisation d’un bain de bouche avant les soins, la mise en place d’une digue de caoutchouc, l’utilisation de pièces à main avec une valve d'anti-rétraction de l'eau, la désinfection des locaux cliniques et la gestion des déchets médicaux.

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Des aérosols et des gouttelettes sont produits lors de nombreuses procédures dentaires. L'apparition d’un syndrome respiratoire aigu sévère, ou SRAS, transmissible par aérosol et la projection de gouttelettes dans l'air, rend impérieuse l’étude des procédures de contrôle d’une contamination par les aérosols.
Les auteurs de cette revue narrative ont étudié la littérature médicale et dentaire pour identifier les études consacrées à la propagation de la maladie par voie aérienne et les risques de contamination aéroportée inhérents aux diverses procédures dentaires. Ils ont également recherché les publications pertinentes consacrées aux méthodes de réduction de la transmission aéroportée provenant de ces procédures.
Ils ont montré que la propagation par voie aérienne de la rougeole, de la tuberculose et du SRAS est bien documentée dans la littérature médicale. La littérature dentaire montre que de nombreuses procédures dentaires produisent des aérosols et des gouttelettes qui sont contaminés par des bactéries et du sang. Ces aérosols représentent une voie potentielle de transmission de la maladie.
La littérature montre également que la contamination par l'air peut être minimisée facilement et à peu de frais en intégrant plusieurs étapes de contrôle de l'infection dans les précautions de routine utilisées lors de toutes les procédures dentaires.
Les auteurs concluent qu’en plus de l'utilisation courante des protections usuelles comme le port de masques et de gants, la prescription systématique de bains de bouche avant les soins et le recours à des aspirations à grand débit sont des éléments importants et recommandés de la maîtrise du risque infectieux. L’ensemble des données clés de leur article est synthétisée en trois tableaux particulièrement didactiques.

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Stabilité de surface et dans les aérosols du SARS-CoV-2 par rapport au SARS-CoV-1.
 
van Doremalen N, Bushmaker T, Morris DH, Holbrook MG, Gamble A, Williamson BN, Tamin A, Harcourt JL, Thornburg NJ, Gerber SI, Lloyd-Smith JO, de Wit E, Munster VJ.
 
Aerosol and Surface Stability of SARS-CoV-2 as Compared with SARS-CoV-1. N Engl J Med. 2020 Apr 16;382(16):1564-1567
 
Dans cette lettre à l’éditeur de The New England Journal of Medicine, les auteurs exposent leur récente étude consacrée à la stabilité de surface et dans les aérosols du coronavirus SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de Covid-19, par rapport au SARS-CoV-1, le coronavirus humain le plus étroitement apparenté.
Leur étude avait pour objectif d’évaluer la stabilité du SARS-CoV-2 et du SARS-CoV-1 dans les aérosols et sur diverses surfaces et d’estimer leur taux de dégradation respectifs en utilisant un modèle de régression bayésien.
Les auteurs ont recueilli les données issues de 10 conditions expérimentales, impliquant les deux virus (SARS-CoV-2 et SARS-CoV-1) dans cinq conditions environnementales (aérosols, plastique, acier inoxydable, cuivre et carton), avec trois répétitions.
Toutes les mesures expérimentales sont exprimées en moyennes des données issues des trois répétitions. Leurs résultats montrent que les deux virus ont connu une décroissance exponentielle de leur charge virale dans toutes les conditions expérimentales. Les demi-vies du CoV-2 et du CoV-1 du SRAS étaient similaires dans les aérosols. Les demi-vies des deux virus étaient également similaires sur le cuivre. Sur le carton, la demi-vie du SARS-CoV-2 était plus longue que celle du SARS-CoV-1. La viabilité la plus longue des deux virus était sur l'acier inoxydable et le plastique ; la demi-vie médiane estimée du SARS-CoV-2 était d'environ 5,6 heures sur l'acier inoxydable et de 6,8 heures sur le plastique. Les différences estimées entre les demi-vies des deux virus étaient faibles, à l'exception de celles mesurées sur le carton.
Les auteurs concluent que la similarité des stabilités des SARS-CoV-2 et SARS-CoV-1 dans les circonstances expérimentales testées, indique que les différences dans les caractéristiques épidémiologiques de ces virus découlent probablement d'autres facteurs, notamment des charges virales élevées dans les voies respiratoires supérieures et de la possibilité pour les personnes infectées par le SARS-CoV-2 d'excréter et de transmettre le virus alors qu'elles sont asymptomatiques.

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ANNEXE de la réactualisation des recommandations de bonne pratique sur LA TRANSMISSION D'AGENTS INFECTIEUX LORS D'INTERVENTIONS GÉNÉRANT DES AEROSOLS.

Téléchargez en cliquant ici.
 


2. Témoignages

COVIDOM

AK

chu nantes

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3. Conférences des JO mises à l’honneur

1er sujet :
ALIGNEMENT DES INCISIVES MAXILLAIRES ET PRISE EN CHARGE DU SENS SAGITTAL - DOS AND DONTS!
AMJ Conférence donnée par Aurélie Majourau-Bouriez pendant les 20èmes Journées de l'Orthodontie.